Dataropathe

dataròpat

Thérapeute spécialisé dans les dommages commis par un abus de numérique

Dans l’armée, le numérique a changé les manières de faire, de penser, de vivre le quotidien. Dans ce tourbillon, divers troubles sont apparus. Le dataropathe les observe, les analyse et corrige les effets négatifs.

Les troubles les plus courants

Zombiquisme
Le syndrome d’individus qui sont présents physiquement et absents mentalement.
L’individu atteint de zombiquisme présente une schizophrénie existentielle. Il a des difficultés à échanger de manière verbale ou non verbale avec des individus présents. Il a besoin d’un écran pour communiquer et préfère le faire avec des individus distants.

Binarisme
Ou fonctionnement cognitif binaire.
Traitant des 0 et des 1 (data), les ordinateurs ont un fonctionnement binaire. À force d’être imprégnés dans un environnement numérique, des soldats souffrent d’une bipolarisation. Pour eux, il y a les gentils et les méchants, les amis et les ennemis, les blancs et les noirs… On tue ou pas. Leurs raisonnements se limitent à des réponses binaires. Incapables de faire la moindre nuance, ils bloquent lorsque les stratégies sont plus subtiles ou quand il faut changer de tactiques.

Robophobie
La phobie des robots
Les soldats atteints voient les robots comme des concurrents qui dégradent leurs activités. Ils ne comprennent plus que ce sont des outils qui peuvent les aider à prendre moins de risques. Ils se comportent de manière agressive et destructrice avec ces machines.

Augmentalisme
Psychoses liées à l’impression de ne pas être assez augmenté.
Implants, nano pilules, exosquelettes… Au fil de développement des technologies, des individus souffrent de plus en plus de leur condition humaine. Ils ont l’impression de ne pas assez bien entendre, voir de nuit, courir assez vite… Ces insatisfactions deviennent des psychoses qui peuvent plonger les malades dans un grave déni d’eux-mêmes.

Télémortisme
Syndrome lié au déclenchement à distance d’armes létales
Lors de l’envoi d’un drone ou d’un missile mortel, les soldats souffrent d’avoir tué sans avoir pris le moindre risque. Ils ont l’impression d’être lâches et d’avoir commis des crimes, plutôt que d’avoir la satisfaction de la mission accomplie. Cette absence de prise de risques par rapport à leur acte peut les plonger dans une longue et profonde dépression.

ToxIAr
Dépendance à l’intelligence artificielle
Le soldat est totalement dépendant de l’intelligence artificielle. Les machines brassent les data et effectuent les choix à sa place. Il ne peut se déplacer ou envisager une stratégie d’action sans elles. Les IA gèrent aussi sa vie privée. Il leur fait confiance pour le choix d’une musique, de sujets de discussion, pour l’envoi de nouvelles à sa famille… À cause de cette dépendance, il est incapable de réagir à un imprévu.

Schizotisme
Schizophrénie numérique
Suite à des usages prolongés de la réalité virtuelle, le soldat ne sait plus faire la différence entre le réel et le virtuel. Dans le pire des cas, il peut lors d’une opération sauter d’un immeuble du quinzième étage persuadé que, comme à l’entraînement, il aura une nouvelle vie.

Prospective du soldatologue

Atouts

Après la fée électricité, la fée numérique a transformé le quotidien du soldat.

Avec des implants, des lunettes (ou lentilles), il est connecté en permanence à un, voire plusieurs réseaux. Ce lien constant à une masse d’informations, de connaissances, de personnes n’étant pas naturel, on peut donc observer des dérives. Il est important que des thérapeutes puissent les repérer et les supprimer avant qu’elles créent des dommages irréversibles.

L’addiction aux écrans remodèle les circuits neuronaux et crée une dépendance similaire à celle de la drogue. La connexion stimule la dopamine qui alimente le circuit de la récompense. Face à tous ces troubles liés au digital, des professionnels doivent aider à prendre des distances avec le numérique en le remettant à sa place d’outil.

Défis

La data est le carburant du siècle. Elle fait totalement partie de la vie du soldat.

De ce fait, une déconnexion n’est pas envisageable. Dans une société où l’habileté électronique est essentielle, les dataropathes doivent à la fois éviter les dommages commis par les l’utilisation outrancière de ces technologies tout en permettant aux patients de continuer à les utiliser.

Indicateurs

Depuis 2013, le terme « Digital Detox » figure dans l’Oxford Dictionary of English

La désintoxication numérique (Digital Detox) a le vent en poupe. Cette tendance montre que la data-addiction pose de plus en plus problème. Des thérapeutes commencent à se spécialiser dans les pathologies liées au digital.

Vos propositions

vos Mots connexes

Dataguerrer : régler des conflits en faisant avec des dons en données personnelles

 

vos Synonymes

Datoignant

Questions ouvertes

Comment les soldats peuvent accepter sans trouble qu’on délègue la capacité de faire le choix de tuer ou de blesser à un algorithme ?

La société passe de l’analogique au numérique. Quels sont les dommages commis par ce passage ?

C’est déjà demain

La donnée une nouvelle mine d'or

La numérisation des armées est l’une de ses priorités. Chaque armée considère qu’elle va renforcer sa supériorité par la gestion des données. Pour elles, les prochaines guerres seront remportées par ceux qui seront en mesure de mieux les contrôler, analyser, exploiter et protéger. Ce sont, en résumé, des mines d’or qu’il convient d’exploiter pleinement.

Les données militaires sont de plus en plus nombreuses et augmentent à un rythme exponentiel. Elles sont générées par les capteurs embarqués dans les avions de combat, les véhicules blindés, les satellites, les frégates… Lors d’une mission, un Rafale produit plusieurs téraoctets de données. À l’image de notre société, les champs de bataille sont de plus en plus connectés. Toutes les unités militaires déployées sur le terrain — véhicules, drones, fantassins — échangent des données. Cela leur permet de réagir plus rapidement face à une menace, mais aussi de passer à l’action de manière coordonnée. 


Ces évolutions numériques créent des environnements de combats pervasifs et ubiquitaires dans lequel le soldat doit trouver sa juste place. Le challenge étant complexe, il est logique que certains ne trouvent pas leur compte sans aide.

Des camps détox


En Australie, des parents dépensent 5 000 $ pour envoyer leurs enfants à des camps de désintoxication numérique gérés par des vétérans de l’armée ayant servi en Afghanistan et en Irak.  
Ces adolescents accros à la technologie vivent pendant neuf jours dans des campements. Ils suivent un entraînement de type militaire.

En Chine, des millions de jeunes sous pression deviennent accros à Internet. Nombreux centre d’addiction tentent de lutter contre cette dépendance. Les centres de désintox pour ados sont très populaires en Chine. Il en existe entre 400 et 500, car dans ce pays, la folie d’Internet commence dès 7 ou 8 ans.
Dans des centres, la discipline est militaire. Ces patients doivent se lever tôt, faire des appuis-faciaux quand on le leur demande, marcher au pas cadencé. Dans certains centres, ils subissent des méthodes de guérison qui s’apparentent à la torture : électrochocs, impulsions électriques, isolement…

Actualités du futur

17 mai 2040 | Konfinement

Plus de la même chose

Dans tous les pays, une vidéo racontant la même histoire a fait un record de vue.

Le ministre des armées d’un pays voisin a pris conscience des dégâts commis par le numérique. Suicides, phobies, schizophrénies, violences… Des soldats victimes d’hyperconnexion ne sont plus que des ombres d’humains. Pour anticiper des dégâts irréversibles, le ministre a fait fabriquer une intelligence artificielle spécialisée dans la désintoxication numérique. L’éminent personnage recommande un contact d’au minimum quarante minutes par jour avec ce chatbot…. 100 % numérique.

Du numérique pour se désaccoutumer du numérique ! Dans les commentaires, tout le monde se moque de ce ministre qui considère que la solution se résume dans toujours plus de la même chose ! On cite souvent Einstein qui disait : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

Si certains s’amusent de la bêtise des ministres, d’autres pensent aussi que soigner le mal par le mal est une bonne méthode. Des avalanches aux incendies, en passant par la foudre, on déclenche certaines catastrophes afin de minimiser leur impact. La technique est ancienne est labellisé par des militaires prestigieux : Napoléon lui-même s’en est inspiré lors de ses campagnes en Russie. Il a pratiqué la méthode de la terre brûlée pour empêcher l’armée adverse de trouver de quoi se nourrir.
Aussi étrange que cela puisse paraître, ces derniers semblent avoir eu le dernier mot. Les vidéos truquées ont permis de débattre sur les dommages dus à l’abus de numérique. Depuis, toutes les armées ont engagé de nombreux dataropathes.