Dégoupillar

déɡupija

Vérificateur des informations ayant un impact sur les stratégies militaires.

Le dégoupillar est une application qui scanne les informations et fournit des indications sur leur qualité informationnelle.

L’application anaylyse un texte, une image, une video et signale, grâce à un code couleur, si c’est de l’info ou de l’intox.

Si l’info est classée comme intox, l’application précise les motifs des suspicions : vidéomontage, info servant à décrédibiliser un pays ou une action, truquage sonore…

Dans le cas où l’information reste douteuse, le dégoupillar propose un espace d’investigation collective. Les lecteurs sont invités à envoyer tous les éléments qu’il dispose autour de cette info : preuves d’un vidéomontage, d’une diffusion antérieure…

Prospective du soldatologue

Atouts

« La première victime de la guerre, c’est la vérité »

Cette citation tantôt attribuée à Rudyard Kipling, tantôt au sénateur américain Hiram Johnson, isolationniste convaincu qui s’opposa à l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale en 1917, témoigne du rapport complexe à la vérité en temps de guerre.

L’interrogation autour de la circulation de fausses nouvelles lors des conflits n’est pas récente. Chaque guerre charrie avec elle son lot d’approximations, d’informations erronées, de contenus fallacieux destinés à tromper l’ennemi et ses troupes. Mais, avec l’avènement des médias de masse, le nombre et la performance des fake news augmentent et ils sont de plus en plus difficiles à traquer. Le dégoupillar est donc attendu, car il limitera ces décrédibilisations permanentes.

Défis

La crédibilité des fausses nouvelles

Les outils de plus en plus sophistiqués sont accessibles à tous et permettent de créer des fake news qui font vraiment illusion. Il y a donc une nécessité de créer des algorithmes encore plus puissant pour permettre de les détecter.

Il faut que les militaires soient conscients des dégâts que causent ces fausses informations et que leur élimination soit une priorité.

Les fausses nouvelles sont crues parce qu’elles rentrent dans le cadre mental de personnes appartenant à une communauté. Même si une information est clairement identifiée comme fausse, ils pourront continuer à croire à sa validité. Il faut donc trouver un moyen pour que le dégoupillar fasse évoluer les manières de penser.

Les logiciels pour créer de fausses informations et les détecter sont basés sur les mêmes technologies. L’intelligence artificielle fabrique de faux textes, de fausses vidéos et de fausses images qui sont détectés par des IA spécialistes de l’art du faux. Il y a donc une course poursuite incessante entre ceux qui fabriquent de fausses informations et ceux qui trouvent des dispositifs encore plus performants. Les détecteurs doivent réussir à prendre plusieurs longueurs d’avance.

L’investigation collaborative (voir Bellingcat) peut être une solution. La difficulté est que, pour l’établissement de la vérité, on peut être amené à collaborer avec l’ennemi. Il faut donc apprendre à accepter que, quel que soit son camp, on ait intérêt à éliminer cette pollution informationnelle.

Indicateurs

Le dégoupillar est dans l’air du temps.

Avec l’application Yuka, on refuse de plus en plus de se laisser berner par les discours des industries alimentaires. Les fausses informations pouvant avoir des conséquences économiques importantes, il y a un une volonté de vérifier la fiabilité de celles-ci. De nombreuses applications devraient voir le jour pour traquer les faux et imitations dans tous les domaines possibles.

Vos propositions

vos Mots connexes

Yuker : avoir des informations vérifiées sur les aliments achetés. Le dégoupillar s’inspire de Yuka, l’application qui évalue la qualité des achats alimentaires.

 

vos Synonymes

Informatége, yukadat

Questions ouvertes

Qu’est-ce que c’est une vraie information en temps de guerre ?

À qui revient le droit d’évaluer la teneur d’une information ?

Avec les progrès de la technologie, est-ce qu’on pourra demain prouver qu’une vidéo est vraie ou fausse ?

C’est déjà demain

La guerre des faux ou le fake par l’exemple

« Belgique : l’armée dépense 31 millions d’euros pour rénover ses chars… qui sont désormais trop petits pour les soldats. » Si l’info a un fond de vrai, les journalistes français se sont amusés à la diffuser largement l’information pour satisfaire leur besoin de se moquer des belges.

Une vidéo montre un soldat-robot qui tire sur des cibles, en plein désert. Des hommes le frappent et tentent de le déstabiliser. Elle a été partagée des milliers de fois. Elle illustre les craintes sur la robotisation du soldat.

Cette vidéo est un montage réalisé par l’entreprise Corridor. Elle voulait parodier les vidéos de BostonDynamics. L’entreprise publie régulièrement des vidéos sur ses avancées en termes de robotique.

À la fin d’un exercice en Croatie, des histoires ont circulé selon lesquelles des soldats britanniques avaient enlevé un enfant indigène. Si l’histoire est fausse, il s’avère que les soldats ont commis des actes de vandalisme et eu un comportement déplacé.

 

Un logiciel anti fake

La DARPA (Defense Advanced Resarch Projects Agency), développe un logiciel capable de détecter les éléments marqueurs de fausses informations dans plus de 500 000 articles, photos, vidéos, enregistrements audio. Le dispositif repère des failles sémantiques, autrement dit des incohérences susceptibles de témoigner d’une fausse information.

Bellingcat est un site d’investigation en open source, fondé en 2014 par le journaliste britannique Eliot Higgins.

Grâce à leur travail, l’Iran a reconnu sa responsabilité dans le crash du Boeing à Téhéran du 8 janvier 2020. Dans un contexte de tension internationale, le pouvoir iranien nie l’implication de son armée dans la mort des 167 passagers et neuf membres d’équipage. Trois jours plus tard, l’état-major des forces armées iraniennes change pourtant son fusil d’épaule et reconnaît que l’avion a bien été abattu par un de ses missiles, envoyé par erreur.

Bellingcat utilise tous les contenus disponibles en accès libre sur le web pour retracer des accidents, des fusillades de masses ou bien des crimes de guerre. Les contributeurs du site passent au crible des centaines de photos et de vidéos. Ils recoupent ensuite les informations avec des cartes satellites afin de géolocaliser avec précision les faits.

À la suite du crash du Boeing ukrainien, de nombreux internautes ont spontanément envoyé des photos et des vidéos prises après l’accident. Des images montraient clairement la présence de fragments de missiles.

Actualités du futur

15 mai 2053 | Tamir news

Prêts à dégoupiller !


En juillet dernier, les Présidents du Bergenir et de l’RSTB avaient une fois encore le doigt sur le bouton qui déclenche l’envoi de drones nucléaires. La tension est au comble.

La semaine d’avant, le Bergenir a cru au pire. Le pays était en fait victime d’un vol de sauterelles holographiques destiné à mettre les nerfs des dirigeants à rude épreuve.

Pour éviter la catastrophe, une rencontre des ministres des Affaires étrangères est décidée. July, 33 ans, arrive pimpante pour un tête-à-tête avec Phil, son homologue de l’RSTB. L’entretien dure 38 minutes. July en sorte pâle et tremblante. Les journalistes mettent sa défaillance sous le coup de la chaleur caniculaire. Mais, de retour dans son pays, elle démissionne sans explication.

La nouvelle connue, on découvre sur les réseaux sociaux la vidéo d’une caméra de surveillance. L’image est floue, mais à la 18e minute, on voit que Phil se lève, s’approche d’elle, l’immobilise avec une ceinture, la jette sur le canapé et la viole. Sans attendre, les dégoupillars annoncent que c’est un fake. Le lendemain, une autre vidéo apparaît. L’entretien se passe de manière aussi cordiale que normale. Les dégoupillars affirment que cette vidéo est aussi un fake. Sous le choc, Phil démissionne.

24 heures plus tard, une vidéo met le branle-bas de combat dans les chaumières. Prise par une nanocam insérée dans un melon, elle propose une version sonore. À entendre les protestations de July, il n’y a pas de doute sur le viol. Les dégoupillars sont perdus. Ils n’arrivent plus à savoir si la vidéo est vraie ou pas. Le lendemain, on assiste à la diffusion d’une séquence prise par une nanocam qui était dans une mangue. Pendant quinze jours, la toile se chauffe sur le thème : «  le ministre des affaires étrangères de l’RSSB est-il ou non un violeur ? »
Du coup, tout le monde et en priorité les dirigeants semblent avoir oublié que deux pays voulaient se déclarer la guerre. Les observateurs précisent que les deux pays se battent à coup de fake news depuis très longtemps et sont donc habitués à l’exercice. Selon certains, c’est même devenu un moyen d’éviter la guerre.