Urgalise

yrɡaliz

Valise médicale d’urgence composée de traitements hautes technologies

L’urgalise est un kit médical. Il comprend un ensemble de dispositifs de hautes technologies qui permettent de soigner les soldats sur le champ de bataille et d’anticiper les dommages corporels.

L’urgalise comprend par exemple

  • Des pansements intelligents qui arrêtent les hémorragies, accélèrent le traitement et assurent le suivi de la plaie.
  • Un sérum de survie qui maintient en vie les soldats blessés lors du transport.
  • Des drones pliables pour transporter des blessés et apporter des médicaments
  • Des imprimantes 3D pour imprimer de la peau et des organes.
  • De la colle pour recoller les os.
  • Des lots de capteurs connectés avec des nanopilules pour repérer et détecter une attaque chimique.

Vos propositions

vos Mots connexes

vitatech: technologie permettant de maintenir en vie un soldat blessé,
vitakit: kit de premier secours portable qu’on trouve dans l’urgalise.

vos Synonymes

troussatech, vitositif

Prospective du soldatologue

Atouts

La médecine moderne doit beaucoup à la Guerre 14-18.

L’afflux massif de blessés, les nouveaux types de blessures ont bousculé les habitudes médicales. Les médecins, les scientifiques, et les personnels soignants n’ont eu de cesse d’améliorer leurs techniques pour venir en aide aux blessés.  La volonté d’augmenter les chances de survie des soldats grièvement blessés sur le champ de bataille continue à améliorer la qualité des soins et diminuer le nombre de soldats morts au combat.
L’urgalise est pensée pour pouvoir répondre à toutes les situations d’urgence. Le soldat peut donc être rassuré sur sa prise en charge en cas de blessures.

Après avoir proposé des moustiquaires, des répulsifs, des médicaments, les chercheurs en sont venus à explorer les possibilités de la modification génétique.

L’objectif est de modifier le microbiote de la peau du soldat afin que le moustique ne le détecte pas et préfère de surcroît l’ennemi comme proie !

Défis

L’urgalise doit envisager des réponses à tous les problèmes médicaux.

Vu la diversité des situations et des blessures, il faut prendre le temps d’imaginer, outre ceux qui sont possibles, de nombreux impossibles.

Sur les champs de bataille, comme en Irak et en Afghanistan, nombreux soldats meurent sur place. Il faut aussi prévoir des solutions pour que la prise en charge soit immédiate et que les soldats soient maintenus en vie.

Indicateurs

La médecine d’urgence ne cesse de progresser tout comme la médecine individuelle.

Grâce à la mesure de nombreux paramètres physiologiques, on peut anticiper et non plus uniquement soigner des maladies et problèmes physiques. Toutes ces innovations visant à prolonger jeunesse et santé, ainsi qu’à restaurer des sens disparus ou amoindris, sont autant d’opportunités pour le traitement de soldats blessés sur les champs de batailles.

Questions ouvertes

Est-ce que si demain on soigne toutes les blessures et guérit toutes les maladies, on considéra que la mort est une panne qu’on peut éliminer ?

Si on guérit toutes les blessures, est-ce que le soldat ne va pas prendre plus de risques ?

C’est déjà demain

Depuis la Première Guerre mondiale, les innovations médicales inspirées du champ de bataille se multiplient.

La bataille des innovations médicales

Sur le champ de bataille, un des grands gagnants est la santé. De nombreuses innovations médicales sont passées du théâtre des opérations à la médecine traditionnelle. Quelques exemples.

Les garrots

Sur le terrain, les saignements sont meurtriers. En 1537, un barbier-chirurgien français du nom d’Ambroise Paré part s’occuper des soldats au siège de Turin. Horrifié par les blessures sanglantes qu’il rencontre, il fabrique des ligatures et les attaches aux soldats près de leurs blessures. Depuis, les garrots sont utilisés sur le champ de bataille, mais aussi dans les salles d’urgence et pour les accidents et les catastrophes naturelles.

Quelques siècles plus tard, lors de la guerre de Corée (début en 1950), les chirurgiens découvrent que les ligatures entraînent des amputations fréquentes. Ils comprennent qu’il vaut mieux prendre le temps de réparer l’artère ou la veine. Cette prise de conscience entraîne une baisse spectaculaire du nombre d’amputations en temps de guerre.

Un ver luisant

Pendant la guerre de Sécession, le personnel médical remarque une lueur dans les blessures des soldats et note que les soldats dont les blessures brillent ont un meilleur taux de survie que ceux sans blessures illuminées. 140 ans plus tard, un jeune homme trouve l’explication au phénomène. La lueur provenait de Photorhabdus luminescens, une bactérie portée par les nématodes, des petits vers qui se nourrissent d’insectes. Quand les soldats rampaient dans la boue, leurs blessures attiraient des insectes, suivis des nématodes affamés. Les bactéries des nématodes décomposent les insectes pour les manger et tuent également les microbes concurrents. Depuis cette découverte, Photorhabdus luminescens est un moyen de traiter les infections résistantes aux antibiotiques.

Des antibiotiques

La guerre a entraîné la production massive d’antibiotiques, en particulier des sulfanilamides et de la pénicilline. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il y a des sulfamides en poudre dans les trousses de premiers soins. À la fin de la guerre, les médecins utilisent régulièrement ces antibiotiques pour traiter le streptocoque, la méningite et d’autres infections.

Des ambulances

Lors de la guerre de Sécession, le transport des soldats blessés, un médecin de l’armée américaine, Jonathan Letterman développe un système d’ambulance qui devient un modèle d’organisation. A chaque bataille, il met en place des caravanes de 50 ambulances. Chaque véhicule transporte des fournitures un chauffeur, une civière et deux gars pour le transporter.

La santé captée

L’armée américaine développe des minicapteurs pour vérifier la santé les soldats. Ils détectent l’exposition à un agent toxique, surveillent l’état de stress du soldat ou son niveau de performance. L’objectif est de récolter en temps réel toute une série de données à partir du sang, de la salive ou de la sueur. Ces capteurs doivent être autonomes, bon marché, et résister aux pires conditions environnementales.

Philips Healthcare a conclu un accord de licence avec l’US Air Force Research Laboratory pour une application logicielle. Nommée Batdok (Battlefield Assisted Trauma Distributed Observation Kit) elle surveille les soldats à distance.

 

Robot greffeur de peau

La start-up LabSkin Creations fabrique un robot greffeur qui soigne un soldat brûlé, à proximité du champ de bataille. Un bras robotisé prélève un échantillon de peau. Mélangée avec une encre spéciale, via une imprimante 3D, cette peau est greffée sur la partie brûlée du corps.

À l’université de Toronto, des chercheurs ont créé une imprimante 3D de la taille d’une boîte à chaussures qui pèse moins d’un kilo. Elle imprime des bandes de peau.

Une équipe de scientifiques du Wake Forest Institute for Regenerative Medecine (WFRIM) développe une bio-imprimante de peau mobile, capable d’imprimer une couche de peau directement sur la blessure. Ils ont créé une encre constituée d’un substrat d’hydrogel et de cellules de peau. C Le système étant mobile, il permet de gérer sur place des plaies étendues.

Penser le pansement

La Darpa finance un pansement qui suit l’évolution des plaies et stimule le processus de cicatrisation

WoundClot, développé par des chercheurs israéliens de Core Scientific Creations, est un pansement capable d’arrêter une hémorragie importante en quelques minutes seulement. Il absorbe le sang et se transforme en une sorte de gel cicatrisant. Il absorbe 2500 fois son poids sans se détériorer.
www.woundclot.com

Des chercheurs de’ dans le Massachusetts ont mis au point un pansement électronique qui identifie les infections et administre des antibiotiques.

 

 

Des éléments chauffants provoquent la libération des médicaments en fonction du PH et de la température du patient. Le pansement est couplé à un microprocesseur qui analyse les données.

 

Sérum de survie

Des chercheurs australiens de l’université James Cook de Townsville ont mis au point un sérum destiné aux soldats blessés grièvement. Il est composé d’adénocaïne, un mélange de lidocaïne, d’adénosine et de magnésium. L’adénocaïne augmentant la tension artérielle, le soldat supporte le choc plus longtemps.

Dronabulance

https://youtu.be/jdU0I3rPBWA

Développé par les Israéliens, le Cormorant est un drone-ambulance. Totalement autonome, il récupère les blessés dans des endroits difficilement accessibles.
Capable de prendre en charge deux blessés ou d’apporter du matériel dans une zone de conflit, il vole à très basse altitude, se faufile dans des ruelles, zigzague entre les lignes à haute tension et est peu réparable par l’ennemi.
Pendant le trajet, un écran permet au blessé de dialoguer avec un médecin. Le Cormorant est destiné à rapatrier des blessés sur de courtes distances jusqu’à un centre médicalisé mobile. Les chercheurs étudient la possibilité d’installer des robots à bord pour effectuer des interventions d’urgence.

 

Coller les os

Des chercheurs de l’Institut royal de technologie de Stockholm (KTH) ont mis au point une substance adhésive qui répare les fractures osseuses en 5 minutes.
Cette colle est inspirée de la dentisterie qui utilise des résines pour réparer les dents. Elle fonctionne en trois temps. Un apprêt acide est appliqué directement sur l’os. Il ronge la surface. Une résine adhésive contenant de minuscules fibres s’entremêle aux fibres de collagène de l’os. La résine est durcie par exposition à la lumière LED.

Actualités du futur


Timlog/ 29 janvier 2048

Abus de confiance


Ce jeudi à 19 heures, le thermomètre affichait les 38 degrés. À cause de l’interdiction de sortir de chez soi, la grande avenue de Timsingland était déserte. Les soldats chargés de la surveillance étaient plongés dans une moite torpeur quand ils entendirent le bruit d’un char.

Lentement, mais sûrement, l’énorme blindé s’avançait vers le centre de la ville. Quand il arriva à leur hauteur, ils virent un ballon traverser la route et un enfant qui courait derrière pour l’attraper.

Dans leurs casques, les fantassins entendirent : « Fake, fake, fake… Char et enfant identifiés comme des mirages virtuels. » Les soldats sourirent. Ces tromperies sont devenues si habituelles. Enfin, tous sauf le sergent Mikos Dumiletto. Semblant sourd à l’alerte, il sortit de la tranchée, courut et plongea pour attraper l’enfant. À ce moment-là, il fut transpercé par des centaines de balles.

Sous le choc, le capitaine explique la réaction de Mikos par un traumatisme personnel.
Alors qu’il était enfant, son jeune frère a été écrasé par un camion alors qu’il courait après son ballon. La résurgence de ce choc traumatique l’a sans doute rendu sourd aux messages d’alerte.

Ses copains ont une autre explication : « Depuis quelque temps, nous prenons tous de plus en plus de risques, car nous n’avons plus peur d’être blessés », dit l’un. L’autre renchérit en précisant : « Si nous sommes blessés, nos super docteurs nous recollent, nous réparent et nous sommes en meilleur état de marche qu’avant.  Si on a perdu un bout dans la bataille, ils en impriment un neuf de bien meilleure qualité. »

Après la mort de Mikos, les autorités ont pris les choses en main en précisant que la médecine, aussi performante soit-elle, a des limites. Les soldats doivent désormais suivre une sensibilisation à la prise de risques excessifs et à la gestion de pulsions instinctives. Quand on franchit la porte de la mort, aucun médecin, aussi doué soit-il, ne peut faire revenir un soldat dans le monde des vivants.